mercredi 25 mai 2011

Mon état de travail + mon premier slam

J'en suis a travailler un nouveau texte de slam.  Le sujet; les élèves oubliés par nos écoles, par leurs parents, par leurs collègues...enfin, par le système.  Le tittre; "P'tit fantôme dans l'corridor".
En tant qu'enseignant, c'est facile d'oublier ces jeunes; c'est facile de se dire que quelqu'un 'autre s'en occupera.  Et si peronne ne s'en occupe?  Si ce jeune se retrouve à être rejeté par tout le monde qui l'entoure, incluant les gens qui sont sensé les aider?

Dès que j'aurai de quoi en état de présentation et que j'en aurai la chance, je le présenterai en performance et je tenterai d'en poster les résultats.

En attendant, voici mon premier texte de slam, "Hommage aux jeux vidéos", livré devant certains élèves de l'école où je travaille.  Le principe est assez simple; je prends, comme point de départ, mon intérêt pour les jeux vidéos pour ensuite embarquer dans une réflexion sur la moralité et les dangers des jeux viloents, terminant, enfin, par un re-branchement dans tout le système.

http://www.youtube.com/watch?v=aLGWbpBq5ow

Le texte qui suit est une adaptation de cette première présentation.

Hommage aux jeux vidéos
-Beevis-

Pour moi, le tout a commencé avec Pacman
Une espèce de peppermanne
                                               Jaune,
Qui gobait des fantômes
Waka waka waka waka
            Mosus de mur !  Celui-là, j’le trouvais dur, tu peux en être sûr.

Ensuite, il y eut Donkey Kong
Fallait sauter les barils…boing, boing
Pour sauver la princesse
J’avoues qu’j’étais pas l’best
                        Trop d’stress
Essssss…..’tits souvenirs de défaites qui durent.

Le moment de clarté ? De vérité suprème ?
Super Mario… Bro !
            Avec Luigi qui étaient trop, yo !
C’était extrème !  La crème de la crème pour un jeu vidéo !
Dou dou dou dou dou dou !
J’tais devenu pro,
            Malgré qu’un eu accroc.
(À force d’y jouer trop)

Aujourd’hui ?  J’me console
Devant ma console
XBOX…jeu de box, jeu d’hockey
O.K. ?  Tu m’suis ?
Prend mon fusil, Tire une balle
                                   Virtuelle
Défonce des cervelles, à coup de poing
                        À coup de pelle
Une nouvelle espèce de rebelle…
                        Sans cause.
Appui sur pause,
‘Me repose, les doigts, le poux,

Hé, la chose,
                        T’es sans morale ?
Et-ce que tu crois que cet acte de « non violence »
            ‘A fait pas mal ?

Ben, c‘est légal, à s’que j’sache,
Pis vient pas m’faire la morale
Pour une question de neutron, d’électron
 Pis de neurones qui sonnent et qui résonne encore
            Quand j’appui fort sur le piton.

J’avoue que la question est bonne
            Surtout quand j’pense à mes enfants,
            5 et 3 ans,
Dans pas longtemps ce sera eux qui les tiendront
            Les manettes.  Où bien des menottes ?
Plus j’y pense, plus qu’ça m’chicotte.
À quoi ça mènera ; de vrais actes de violences ?
            Un non-sens sensuel,
Qui déferle sur l’écran
            Et dans la cervelle ?
Faut surtout pas que j’capotte.

Et là,
Tu veux me faire dire
Quel jeu j’amadoue
Quel jeu je transpire…
J’te laisserai en suspense
Et pendant que tu réfléchis
Pendant que tu y pense

            J’vais prendre le temps
De nouveau me brancher.
Réaction instantanée;
Pupiles dilatés;
Respiration haletante;
Fini l’attente !
J’pourrai enfin jouer !
Et, de nouveau, m’évader.

mardi 24 mai 2011

Ma participation à une soirée de Slam

Le 1er mai 2011, j'ai particippé, pour la première fois, à une soirée de slam de poésie au Café le Troquet à Gatineau (Hull).

Voici ce que ça a donné: http://www.youtube.com/watch?v=yvwsUHNkHeE

J'y ai présenté 2 de mes textes, soit "Mon patriotisme" et "Le Sel de mes larmes" (lisez les textes plus bas.)

Je me suis placé parmis les 5 poètes qui se sont rendus à la deuxième ronde de la soirée.
Ce fut une très belle expérience et une belle soirée.


Mon patriotisme
-Beevis-
J’affiche ouvertement mon patriotisme
Servant
            De prisme;
Me permettant de réfracter
La beauté
De notre mosaïque national.

Mon bilinguisme;
            Solide pont
Faisant front commun
Dans ce schisme
Entre le lys
Et l’érable.

Mais c’est la clique qui fait que je craque!

Ce n’est pas en se divisant,
Séparant tout ce qui est bien, qu’on verra
Un meilleur lendemain;

Mais plutôt en s’épaulant,
S’unifiant main dans la main
Qu’on pourra atteindre le succès, à la fin.

C’est dingue, mais c’est
Cette langue partagée qui nous distingue.
Même séparé par toute une rivière,
Mon pays, à moi aussi, c’est l’hiver.

C’est aussi le printemps, l’été et l’automne;
Aui fond de mon être, toutes les saisons résonnent.

Alors la prochaine fois que je vous tendrai la main,
Plutôt que de me chanter de nouveau votre refrain,
Gens du pays, je vous en pris,
Me la prendre, veuillez bien.
Car, au bout du compte,
Ne sommes nous pas cousins?

J’ai bu, comme vous tous, de ce sein francophone;
Malgré ce bassin largement homophone.
J’avance du même train,
Vers un avenir où
On me donne….ra,
Le droit,
Comme tout autre,
De vivre pleinement
Ma culture…désolé, c'est-à-dire, la nôtre.

L’union fait la force….
Je nous regarde;
C’est pas fort.
Chacun bien casé, chacun bien au chaud, chacun d’son bord.
Prenons ensemble nos armes,
Allez, faites que je n’aie pas tort, de croire.
Ne broyons pas du noir.

Car je me souviens que je suis né sous le trille,
Et j’ai grandit sous le lys, la rose, et l’érable aussi.

D’une mère québécoise,
Ou plutôt gaspésienne
D’un père britannique;
Ce sont, pour moi, des racines entièrement canadiennes.

19 ans à grandir à Toronto;
Les édifices, la tour CN, les Jays et le métro.

Des étés passés dans l’bas du fleuve,
Mes premières épreuves
À tenter de communiquer
Avec mes gendres
Qui avaient du mal à me comprendre
Mais qui, pourtant, parlaient
La même langue.

De retour à T.O., redevenu le p’tit anglo,
On m’traitait tout de même de Frenchy et de frog.
*Et mes copains?  Y’m’disaient yo, sup dog.*

Même à l’université, ça ne s’est pas arrêté :
Un prof franco qui me parlait en anglais,
Un prof anglo, abasourdi par mon français.

J’ai l’ai donc complété,
Mon chemin de la croix.
Je suis tout de même à la recherche de ma Mecque à moi;
Et je chemine toujours à contresens dans la mauvaise voie.
C’est pour cela que je donne voix à mon effroi.

Faut battre le fer,
Avant qu’il ne soit froid,
N’est-ce pas?

C’est pour cela aussi, que j’ai choisit
D’parler.
Le passé nous a tous blessé,
Nous tous avons été rejetés
Ridiculisé, fendu sans pouvoir
Se cicatriser.
Mais j’ose espérer,
Tout en espérant oser
Que ce message saura
Vous atteindre, peut-être même
Vous amadouer.

Si j’ai blessé, j’Vous demande pardon;
Si, à ma tâche, j’ai échoué,
Sachez que ce ne sera pas, pour moi, l’abandon.

Camarades, Collègues, Cousins, Cousines,
Frères, sœurs, copains, copines,
Amis, parents, faites en sorte
Que je n’aie pas tort.
Tant que je pourrai parler,
J’vous ferai part de mon espoir.


Le Sel de mes larmes
-Beevis-

La chaleur de ta main,
Absente de la mienne
Ne me fait aucun bien !
Je m’ennuie ; je m’emmerde !
La facilité avec laquelle je me perds,
            dans le désert de tes yeux,
Me manque.

Je n’en peux plus !
Ça te plaît
Que ça me tue ?
S’il te plaît,
Ne me laisse pas
désespérer
Plus long
temps….

Le temps devient long ;
Plus encore que l’ensemble
de quatre saisons.
Plus encore que toutes mes passions.
Mes pas
sont lourds ;

Traversant le plus sombre de mes jours.
En attendant ce divin moment
Où tu seras de retour.

Le sel
de mes larmes
 me désarme.

Mes soupirs
            Me transpersent ;
Mes souvenirs
            Se transgressent
Et ton rire
            Léger écho de tendresse,
Me hante et me blesse.

Ce qui compte lors de cette attente
            C’est le décompte
Je compte et recompte à compte-goutte (parfois même à contresens)
Les minutes de ton absence.
Les moments mentent
à contre temps.

Le chrono
            Maître des secondes qui abondent;
Ses tics se morfondent
Se tacs
            Qui grondent
Et sondent
Dans le puit de ma solitude profonde.

Les heures se fondent
            En jours;
Ces jours laissent place
            Aux semaines;
Les semaines donnent recours
            Aux mois;
Et moi, je suis toujours là
Mais toi, hélas,
            Tu n’y est toujours pas.

Contre les murs de mon âme,
            J’ai de nouvelles craintes qui se déchaînent;
Dans le théâtre de mon esprit,
            Toutes mes peurs
Prennent la scène,
Et la torpeur qui s’enchaîne me gène.
            Mon espoir flétrit.

Je m’invente des histoires,
Je chorégraphie
Toute une série de sorties possibles
À ta scène.
Est-ce que tu t’en prend à moi,
            Pour mon choix injudicieux de mots?
Est-ce que je suis allé trop loins, cette fois-ci,
            Et tu t’es enfin dit que c’en était assez,
            Ce n’était pas ton lôt,
Et que vraiment, cette fois-ci, c’était trop?

Peut-être qu’en ce moment,
            Ma pensée te surprend
Dans les bras d’un autre.
Et moi, qui me suis fait apôtre
À l’hôtel de ton sourire,
Moi, qui me suis fait une religion à retrouver ton rire
Mon, qui, pour un simple soupir,
Aurait pu souper sur tes baisers,
            Gobber toute la tendresse que, de ton temple, tu transpire;

Ton infidélité me perce,
Ton impudence devient ma herse,
Ma jalousie ne me laisse pas
            Penser à autre chose que toi,
Là,
            Avec ce gars que je ne connais pas.
Méchante giffle qui me fesse!

Je m’arrête,
            N’arrivant pas à croire que,
Pour une question de minutes
Je m’apprêtait déjà
            À te traîter d’adultresse
Car jamais, pour un instant, ne m’as-tu dévoiler autre chose
            Que la plus grande noblesse.

C’est surement un contretemps,
            Un événement inopportun,
Un imprévu....imprévisible,
Un petit rien, enfin, très risible
Qui te retient.
Et tu revien.....dras,
            Nous nous retrouverons,
Tout d’abord au pas,
Puis, entre les draps.
J’écoute pour tes pas....
            T’es pas...
T’es toujours
            Pas
                        Là!

Enfin, vaincu par la torpeur, convaincu
            Que mes prières sont en vain,
Et qu’on te retrouvera,
            Immobile dans la rue,

Le récepteur à la main
Je me compose
Je ne m’oppose plus
à composer
J’impose à mes doigts
            Une nouvelle volonté
Envers le téléphone.

Quand le déclic dans la serrure résonne,
           

Le sel de mes larmes,
de nouveau,
me désarme.